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Théo-Patrick : " Je lui dirai, si tu veux entreprendre, vas-y. Cependant que ça ne sois pas simplement par effet de mode [...] Tu dois avoir l'ADN de l'entrepreneur. "

  • 5 mars
  • 2 min de lecture

Dans le secteur de la construction en République Démocratique du Congo, on admire souvent l’architecture, la hauteur des tours ou l’éclat des façades. On oublie pourtant que sans un « système nerveux » performant - l’électricité, la gestion de l’air et la circulation des fluides - ces édifices ne seraient que des coquilles vides. C’est ici qu’intervient l’ingénierie MEP (Mechanical, Electrical & Plumbing), un domaine de haute précision où Théo Patrick a choisi de tracer son sillon.

 

Pour notre rubrique Entreprendre, Théo Patrick, ingénieur de formation et entrepreneur aguerri, dépose le casque de chantier et ses modèles BIM (Building Information Modeling) pour partager avec nous ses débuts, les défis logistiques de Kinshasa et l’exigence des normes internationales.


Théo-Patrick, Ingénieur Principal de DOMOTEC Bureau d’Etudes en Techniques Spéciales du Bâtiment
Théo-Patrick, Ingénieur Principal de DOMOTEC Bureau d’Etudes en Techniques Spéciales du Bâtiment

La Rédaction Le secteur du bâtiment et des fluides (MEP) en RDC comporte des défis uniques comme la logistique, les normes ou la main-d’œuvre. Quelle a été la réalité la plus brutale à laquelle vous avez dû faire face lors de vos premières années entrepreneuriales ?


Théo-Patrick C’est assez péjoratif de parler de réalités brutales. Quand on est un entrepreneur, les défis représentent des challenges à surmonter. On ne peut pas être un entrepreneur et se la couler douce. Oui, il y a des hauts et des bas ; oui, il y a des difficultés particulières en RDC ; oui, on se plaint souvent et effectivement il y a matière à se plaindre. Mais dès lors que l’apprend à mettre de côté le négatif et de plutôt le prendre comme challenge, on en devient excellent à s’efforcer de les apprivoiser. Un ingénieur se définit comme étant une personne qui résout des problèmes. Donc, de par ma formation, mon ADN est de résoudre des problèmes.

 

Quant au défi logistique, nous le considérons comme un paramètres d’entrée dans tous nos projets. On importe encore beaucoup de matériaux aujourd’hui en RDC, un peu moins qu’il y a dix ans mais on importe encore beaucoup. C’est donc en fonction des projets, que nous décidons de ce que nous importons ou pas, à quel moment les importer mais bien évidement ceci est défini en phases études du projet.


La Rédaction Dans un marché où l’informel est encore fort présent, comment réussit-on à imposer une culture de la rigueur et des normes internationales sans sacrifier la compétitivité de son entreprise ?


Théo-Patrick En un seul mot, c'est la valeur ajoutée. C'est-à-dire qu’après quelques années de réalisations, après avoir montré ce que nous sommes capable d’accomplir, la valeur ajoutée se révèle d’elle-même. La valeur ajoutée, c'est aussi du ressenti ! Par exemple, à l'intérieur d’un bâtiment fait par des professionnels, le ressenti est différent par rapport à un autre érigé par des acteurs dont l’approche l’est un peu moins. D'un autre côté, le fait d'être structuré, discipliné et professionnel vous permet de laisser les marchés casse-tête à l'informel et d'avoir des projets structurés et structurants qui ont un début et une fin bien déterminée.


"[...] le simple fait d'avoir un métier d'ingénieur du bâtiment et de connaître les normes font que les bâtiments que nous produisons permettent d'améliorer la qualité de vie des citoyennes et des citoyens.”

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