Clôture de la DRC Mining Week : le secteur minier congolais se rêve en levier d'industrialisation et de prospérité partagée
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La 21ᵉ édition de la DRC Mining Week, qui s'est achevée ce vendredi 19 juin 2026 à Lubumbashi, a été marquée par des appels récurrents à une transformation structurelle de l'économie congolaise. Réunissant les principaux acteurs du secteur extractif autour du thème du changement de paradigme géopolitique et des partenariats stratégiques, cette rencontre a mis en lumière les ambitions des autorités congolaises de faire du secteur minier un véritable moteur d'industrialisation et de création de valeur ajoutée.

« Dépasser le rôle historique de fournisseur de matières premières »
Intervenant lors d'un panel de haut niveau organisé par VUKA Group avec le soutien d'Equity BCDC, Jean-Marie Kanda, conseiller principal du Président de la République au collège Mines, Énergie et Hydrocarbures, a lancé un plaidoyer ferme en faveur d'une mutation profonde du modèle économique du pays.
« Aujourd'hui, l'orientation mondiale est claire : les pays producteurs doivent être en mesure de transformer davantage leurs ressources sur place avant leur exportation. La RDC doit saisir cette opportunité pour créer plus de richesses localement et renforcer son tissu industriel », a-t-il déclaré.
Face à la demande croissante en minerais stratégiques indispensables à la transition énergétique mondiale, le conseiller présidentiel estime que la République démocratique du Congo ne peut plus se contenter d'exporter des ressources brutes sans en capter une part significative de la valeur. Cette vision s'inscrit pleinement dans les objectifs de la vision minière africaine et de la stratégie continentale des minéraux verts, qui encouragent l'industrialisation locale et le développement des chaînes de valeur régionales.
Élargir la base d'investissements et développer les infrastructures
Jean-Marie Kanda a également insisté sur la nécessité pour la RDC d'élargir sa base d'investissements. Si la ceinture cuprifère et cobaltifère du Grand Katanga demeure un pôle d'attraction majeur, le pays dispose d'un potentiel considérable dans plusieurs autres substances minérales encore insuffisamment valorisées.
Le représentant de la Présidence a par ailleurs rappelé que le développement du secteur minier ne peut être durable sans une implication accrue des entreprises dans le progrès social des communautés riveraines. Il a salué les initiatives déjà mises en œuvre à travers les mécanismes prévus par le Code minier, notamment les cahiers des charges communautaires et la dotation de 0,3% du chiffre d'affaires destinée aux projets de développement local.
Le FPI plaide pour une stratégie cohérente
Abondant dans le même sens, François Mpuila Mukendi, Directeur des Études et expert à l'intégration régionale au Fonds de Promotion de l'Industrie (FPI), a appelé à une accélération de la transformation industrielle. Intervenant lors d'un panel consacré aux investissements dans l'énergie et à l'industrialisation, il a estimé que la RDC doit définir une vision claire des chaînes de valeur à développer autour de ses ressources stratégiques, notamment le cuivre, le cobalt, le lithium et l'étain.
« Il ne suffit plus de parler du potentiel de la RDC. Nous devons identifier les filières prioritaires et construire une stratégie cohérente de transformation locale », a-t-il martelé.
M. Mpuila Mukendi a également insisté sur le rôle central des infrastructures dans le développement économique, rappelant qu'« aucun pays ne s'est développé sans avoir préalablement résolu la question des infrastructures ». Le FPI participe d'ailleurs au financement de plusieurs projets énergétiques, dont la centrale hydroélectrique de Movo, réalisée en partenariat avec la SNEL pour fournir environ 20 mégawatts aux opérateurs industriels.
Le Gouvernement affiche sa vision énergétique
Le ministre des Ressources Hydrauliques et de l'Électricité, Aimé Sakombi Molendo, a pris part au panel de haut niveau consacré aux synergies entre le secteur minier, les services publics et les investisseurs énergétiques. Il a réaffirmé la vision du Gouvernement de construire un système énergétique unique capable de répondre simultanément aux besoins des mines, de l'industrie et des populations.
Le ministre a présenté les actions engagées pour renforcer l'offre électrique à court terme à travers la réhabilitation des infrastructures existantes, tout en accélérant le développement de nouveaux projets hydroélectriques, solaires et des grands corridors énergétiques structurants. Il a annoncé la tenue prochaine du Forum Mission 300 ainsi que du dialogue Public-Privé sur l'énergie, prévus les 25 et 26 juin à Kinshasa.
« Le sujet n'est plus le potentiel de la RDC, mais sa transformation en mégawatts, en emplois et en croissance économique », a-t-il souligné face aux investisseurs.
Barrick Gold réaffirme son engagement
Présente en tant que partenaire historique et sponsor majeur de l'événement, Barrick Gold Corporation, à travers sa filiale Kibali Gold Mine, a confirmé son rôle de premier plan dans le paysage minier congolais. Installé parmi les grands exposants au Pullman Grand Karavia, le stand de Kibali a attiré de nombreux visiteurs, investisseurs et partenaires institutionnels.
Plus grande mine d'or d'Afrique, Kibali Gold Mine joue un rôle majeur dans la croissance économique du pays, contribuant à la création d'emplois, au développement des infrastructures communautaires, au renforcement du contenu local ainsi qu'à la promotion de la sous-traitance congolaise. La firme poursuit une politique axée sur le renforcement des capacités des entreprises nationales, permettant à plusieurs centaines d'entreprises locales de bénéficier des opportunités générées autour du projet.
Cette rencontre de grande envergure a démontré une fois de plus l'ambition des autorités congolaises à transformer les immenses richesses du sous-sol en opportunités concrètes de développement, d'emplois et de prospérité pour les générations présentes et futures.








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