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Gécamines et CAMI : Deux visions pour la relance du secteur minier congolais

  • il y a 2 jours
  • 3 min de lecture

À l’occasion des panels organisés par la DRC Mining Week 2026, les dirigeants de la Gécamines et du Cadastre minier ont dévoilé leurs ambitions respectives pour moderniser et dynamiser le secteur minier de la République démocratique du Congo.



Nommé il y a seulement trois mois à la tête du géant minier congolais, Baraka Kabemba, plus jeune directeur général de l'histoire de la Gécamines, a profité du panel consacré aux 120 ans de l'entreprise publique pour livrer sa feuille de route. Son ambition est claire : repositionner la société parmi les leaders du continent africain.


« Je pense que nous avons le potentiel pour figurer dans le Top 10 des entreprises africaines. Notre véritable défi est de concilier notre mission d'entreprise publique avec les exigences de performance économique et opérationnelle », a-t-il affirmé devant un parterre d'investisseurs et d'acteurs du secteur réunis en marge de la DRC Mining Week 2026.


Le nouveau patron de la Gécamines a identifié trois facteurs ayant permis à l'entreprise de démontrer sa résilience au fil de ses 120 ans d'existence : une forte culture d'entreprise, la valeur stratégique de ses gisements et sa capacité d'adaptation face aux crises successives.


« Chez Gécamines, le sentiment d'appartenance est sans commune mesure. C'est une véritable richesse. En swahili, on dit : "Gécamines ni baba ni mama", c'est-à-dire père et mère », a-t-il souligné, insistant sur l'attachement des employés et des populations à cette institution emblématique.


Une entreprise « cœur et pouls » de la RDC


Baraka Kabemba a tenu à rappeler le rôle central joué par la Gécamines dans le développement du pays. « Quand on parle de Gécamines, c'est une entreprise qui est le cœur, voire le pouls de la République démocratique du Congo. Son histoire industrielle et économique a toujours évolué de pair avec celle du pays », a-t-il déclaré.


Le directeur général a notamment souligné que plusieurs infrastructures majeures, dont certains barrages aujourd'hui exploités par la SNEL, ont été construites grâce à l'entreprise publique. « Le parcours de la Gécamines reflète véritablement l'histoire économique du pays. Je dis toujours : RDC égale Gécamines. Nous ne sommes pas en retard, nous sommes simplement en attente d'accélération », a-t-il martelé.


Comparant la société minière aux grands groupes stratégiques mondiaux, Baraka Kabemba a estimé que la Gécamines a longtemps joué un rôle déterminant dans les recettes du pays. « Toutes proportions gardées, la Gécamines est un peu l'équivalent d'Aramco en Arabie saoudite ou de Petrobras au Brésil. Pendant de très longues années, notre pays a été tributaire des recettes générées par cette entreprise », a-t-il expliqué.


Il a toutefois rappelé qu'au fil des années, la Gécamines s'est progressivement transformée en société de gestion de participations, percevant principalement des dividendes et des royalties issus de ses joint-ventures avec des partenaires privés.


Popol Mabolia (CAMI) : La digitalisation au service de la transparence


Parallèlement aux annonces de la Gécamines, le directeur général du Cadastre minier (CAMI), Popol Mabolia, a présenté les avancées réalisées dans la modernisation de son institution lors d'un panel organisé par l'ambassade des États-Unis autour du partenariat stratégique entre la RDC et Washington sur les minerais critiques.


Devant les investisseurs, il a mis en avant les réformes engagées, avec la digitalisation comme outil majeur pour renforcer la transparence et faciliter l'accès des investisseurs aux données minières sans intermédiaire.


« Il était important pour nous de mettre de l'ordre dans le cadastre minier, car nous sommes la vitrine vers l'extérieur. Notre système est entièrement digitalisé : toutes les informations qu'il contient peuvent être consultées directement de l'extérieur », a expliqué Popol Mabolia.


Plus de 50 000 km² de permis récupérés


Le patron du CAMI a également martelé sur les retombées de l'opération d'assainissement menée dans le secteur, qui a permis de récupérer plus de 50 000 kilomètres carrés de permis miniers inactifs ou non conformes aux exigences légales. Une opération qui vise à remettre ces espaces à disposition de nouveaux opérateurs sérieux et à optimiser l'exploitation des ressources du sous-sol congolais.


Évoquant le climat des affaires, Popol Mabolia a souligné que des discussions sont en cours avec les partenaires américains afin d'améliorer davantage le cadre des investissements, notamment sur les questions fiscales et les garanties offertes aux opérateurs.


Il a par ailleurs insisté sur la nécessité de renforcer les connaissances géologiques du sous-sol congolais afin de mieux valoriser les ressources nationales. Cette meilleure connaissance géologique figure, selon lui, parmi les axes de coopération envisagés avec les États-Unis, dans l'objectif d'optimiser la valorisation des gisements et d'accroître les revenus de l'État.


Un secteur minier en pleine mutation


Les interventions de Baraka Kabemba et de Popol Mabolia illustrent la dynamique de transformation qui anime le secteur minier congolais. Entre la volonté de redressement de la Gécamines, qui entend renouer avec son glorieux passé, et la modernisation du cadastre minier visant à attirer davantage d'investissements étrangers, la RDC semble déterminée à mieux valoriser ses immenses ressources.

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