Déficit budgétaire et recours à la dette intérieure
- 13 mars
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Les finances publiques de la République démocratique du Congo continuent de subir un déséquilibre entre recettes et dépenses, malgré un effort significatif de mobilisation fiscale. C’est ce qui ressort de la dernière note de conjoncture de la Banque Centrale du Congo, couvrant la période du 27 février au 6 mars 2026.

Selon ce document, les régies financières de l’État ont collecté 1.649 milliards de francs congolais (CDF) en février 2026. Ces recettes proviennent principalement de trois administrations fiscales : la Direction générale des impôts (DGI) en tête avec 792,3 milliards de CDF, suivie de la Direction Générale des Douanes et Accises (DGDA) avec 590,9 milliards de CDF, et la Direction générale des recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participation (DGRAD) avec 265,9 milliards de CDF.
Malgré ces performances, les finances publiques restent sous pression. Les dépenses publiques se sont élevées à 1.998,9 milliards de CDF sur la même période, creusant un déficit budgétaire mensuel. La masse salariale de l’État constitue le principal poste de dépense, avec 1.075,7 milliards de CDF consacrés au paiement des agents et fonctionnaires.
Pour mars 2026, le plan de trésorerie du gouvernement prévoit des recettes de 2.281,2 milliards de CDF face à des dépenses estimées à 2.613,8 milliards de CDF, confirmant la persistance d’un déficit. Cette situation s’explique notamment par la hausse des dépenses exceptionnelles, en particulier dans les domaines sécuritaire, diplomatique et humanitaire.
Par ailleurs, le gouvernement continue de recourir au marché intérieur de la dette pour financer ses besoins. Lors de l’opération du 3 mars 2026, les obligations du Trésor libellées en dollars américains et d’une maturité de 18 mois ont été entièrement souscrites, pour un montant de 50,3 millions de dollars à un taux d’intérêt annuel de 9 %. L’encours total des titres publics a atteint 5.560 milliards de CDF au 5 mars 2026, témoignant de l’intensification du recours à la dette domestique pour couvrir les besoins financiers de l’État.
Dans l’ensemble, la dynamique des finances publiques congolaises illustre un effort soutenu de mobilisation des recettes, mais aussi la pression persistante des dépenses, dans un contexte marqué par des impératifs sécuritaires et sociaux pesant sur l’équilibre budgétaire.




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