Relance de la MIBA : 50 millions USD disponibles, mais pas un dollar débloqué sans conditions préalables
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Le président du Conseil d’administration de la Minière de Bakwanga (MIBA), Jean-Charles Okoto, a confirmé la disponibilité de 50 millions de dollars américains promis par le chef de l’État pour la relance de l’entreprise publique. Une enveloppe supplémentaire de 20 millions USD pourrait s’y ajouter. Pourtant, aucun décaissement immédiat n’est prévu : les actionnaires exigent un audit général, un inventaire du patrimoine et la validation d’un plan de relance crédible avant toute utilisation des fonds.

L’espoir renaît dans le Kasaï, mais la prudence reste de mise. Près d’un an après l’annonce présidentielle, les 50 millions de dollars destinés à la renaissance de la Minière de Bakwanga (MIBA) sont bien disponibles, a assuré Jean-Charles Okoto, président du Conseil d’administration de l’entreprise publique. Mieux encore, une somme additionnelle de 20 millions USD pourrait être mobilisée, portant le potentiel total à plus de 70 millions de dollars pour soutenir le plan minimum de relance actuellement à l’étude.
Pourtant, pas un dollar ne sera décaissé immédiatement. La direction et les actionnaires posent leurs conditions : un audit général, un inventaire exhaustif du patrimoine, ainsi qu’une validation formelle du plan de relance sont exigés avant le moindre versement. « Les fonds existent, mais nous voulons éviter les erreurs du passé », a souligné M. Okoto, sans annoncer de calendrier précis.
Une exigence de transparence avant toute relance
Cette décision traduit une volonté affirmée de rompre avec les pratiques qui ont plongé la MIBA dans une crise profonde depuis plusieurs années. Effondrement de la production, difficultés de trésorerie, infrastructures vieillissantes et accusations répétées de mauvaise gouvernance ont miné l’ancien fleuron du diamant congolais.
L’audit doit permettre d’établir un diagnostic fiable de la société : situation financière réelle, état précis des actifs et besoins prioritaires pour une reprise des activités. Parallèlement, le plan de relance devra garantir que les 50 millions USD serviront effectivement à redynamiser la production, et non à éponger des urgences salariales ou administratives sans lendemain.
Un symbole économique pour tout le Kasaï
Basée à Mbuji-Mayi, la MIBA a longtemps été le moteur économique du Kasaï Oriental. À son apogée, elle employait des milliers de travailleurs et soutenait tout un tissu d’activités locales. Son déclin a entraîné une montée du chômage et un appauvrissement marqué de la région. Aujourd’hui encore, sa relance cristallise les espoirs d’une grande partie de la population, qui y voit une chance de reprise économique et de création d’emplois.
50 millions USD : un montant nécessaire mais peut-être insuffisant
L’annonce de ces crédits a été saluée, mais plusieurs experts relativisent. La modernisation des équipements, la réhabilitation des installations, le règlement des dettes sociales et la reprise des opérations minières exigeraient, selon eux, des investissements bien plus lourds sur le long terme. La réussite du projet dépendra moins du montant initial que de la qualité de la gouvernance et des mécanismes de contrôle. Sans rigueur, les nouveaux financements ne produiraient pas de résultats durables.
Entre attente populaire et prudence des actionnaires
En conditionnant le déblocage des fonds à un audit préalable, les actionnaires cherchent à instaurer une nouvelle approche fondée sur la transparence et la crédibilité. Mais cette prudence pourrait allonger l’attente des travailleurs et des populations locales, impatientes de voir renaître cette entreprise historique.
La relance de la MIBA apparaît ainsi comme un test majeur pour la gestion des entreprises publiques congolaises. Entre volonté politique, exigences de transparence et pressions sociales, l’avenir du diamant kasaïen dépendra désormais de la capacité des dirigeants à transformer ces promesses financières en résultats concrets sur le terrain.



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