Anne Kiazayadioko : "Avec la passion et la persévérance, il est possible de bâtir quelque chose de grand."
- 5 févr. 2025
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Dernière mise à jour : il y a 4 jours
Incessamment surprenante, la République Démocratique du Congo ne cesse d’intriguer le monde depuis plus d’une décennie par le développement à grande vitesse de son capital humain. Terre de talents et de génie, le pays des léopards, de par ses filles et fils répandus dans le monde, marque celui-ci de son empreinte dans presque tous les aspects de la vie en répandant ainsi l’écho d’un feulement distinctif et particulier.
Et c’est en perspective de ce concept que notre rédaction s’est intéressée à Anne Kiazayadioko, Promotrice de Kiaz Afrika ; une marque de vêtements prêt-à-porter qui gagne en influence au Bénin ; pays des Amazones et du vaudou.
Découvrez avec nous une compilation des secrets inédits que nous livre cette digne fille du pays et régalons-nous tous ensemble.

L’Entrevue Quelles sont les étapes à franchir pour créer son entreprise au Bénin et comment avez-vous vécu ce processus ?
Anne Kiazayadioko La création d’une entreprise au Bénin est un processus relativement rapide ; grâce à la modernisation des services administratifs. Elle peut se faire en moins de 24 heures via la plateforme dédiée de l’Agence de Promotion des Investissements et des Exportations (APIEx). Voici les étapes principales :
La Présentation des documents requis : Une copie de la pièce d’identité valide du fondateurs ; un justificatif de domicile et les statuts de l’entreprise (pour les sociétés).
La création d’un compte sur la plateforme APIEx. La démarche est 100 % dématérialisée. Une fois connecté, il suffit de remplir les formulaires demandés.
La Validation et immatriculation : Après soumission, l’immatriculation est générée automatiquement et vous recevez votre Registre de Commerce et de Crédit Mobilier (RCCM) ainsi que votre Numéro d’Identification Fiscale (IFU).
La création d’une entreprise est gratuite au Bénin pour la partie administrative. Cependant, des coûts annexes peuvent être à prévoir. En ce qui concerne le déroulement, nous avons été agréablement surpris par la simplicité et la rapidité du processus. Le gouvernement béninois a fait d’importants efforts pour favoriser l’entrepreneuriat en réduisant les lourdeurs administratives, ce qui rend la procédure accessible et encourageante pour les entrepreneurs.
Cela montre que le Bénin est sur la voie d’une économie plus dynamique et ouverte à l’innovation.
"Le fait main offre une infinité de possibilités de création, permettant une liberté d'expression que les processus industriels ne peuvent égaler."
L’Entrevue Kiaz Afrika, une marque congolaise pour l'Afrique ou africaine pour le monde ? Parlez-nous de votre vision.
Anne Kiazayadioko Bien que Kiaz Afrika soit fondée par une Congolaise, notre ambition dépasse les frontières nationales. Nous nous définissons comme une marque africaine pour le monde, célébrant l’immense richesse culturelle de notre continent. Notre inspiration provient des divers voyages à travers l’Afrique, où chaque région, tissu et tradition nous raconte une histoire unique. Notre vision est de partager cette diversité et cette authenticité avec le monde, en créant des pièces intemporelles qui reflètent l’élégance et l’héritage africain.
L’Entrevue Pourquoi avoir choisi le fait main ?
Anne Kiazayadioko Parce que le fait main est unique et peut être décliné à l’infini. Le fait main représente pour nous bien plus qu’une simple méthode de production. Il symbolise l’authenticité, le soin, et le savoir-faire artisanal transmis de génération en génération. Chaque pièce créée à la main est unique, imprégnée de l’âme et de la passion de l’artisan. De plus, le fait main offre une infinité de possibilités de création, permettant une liberté d’expression que les processus industriels ne peuvent égaler.
"Nous nous approvisionnons principalement en Afrique de l'Ouest, notamment auprès des fournisseurs locaux spécialisés dans les textiles africains de haute qualité."
L’Entrevue Et le fait main équivaut-il à l'exemplaire unique ?
Anne Kiazayadioko Pas nécessairement. Chez Kiaz Afrika, nous proposons des articles en éditions limitées, qui peuvent être personnalisables ou non. Cela signifie que deux clientes peuvent avoir le même modèle, mais chaque pièce est subtilement différente, grâce aux motifs, aux finitions ou aux détails personnalisés. Notre démarche s’inscrit dans une logique de prêt-à-porter exclusif, visant à répondre aux envies de singularité de nos clientes tout en évitant les excès de la surconsommation. Nous croyons en une mode durable, réfléchie et respectueuse, où chaque article porte une histoire unique.
L’Entrevue Pour ce qui est de la matière première, comment opérez-vous ?
Anne Kiazayadioko Nous nous approvisionnons principalement en Afrique de l’Ouest, notamment auprès de fournisseurs locaux spécialisés dans les textiles africains de haute qualité. Dans la mesure du possible, nous imprimons nos batiks directement sur place, en collaborant avec des artisans locaux pour garantir des produits authentiques et soutenir l’économie locale. Pour le transport, nous privilégions des circuits logistiques courts.
L’Entrevue Où peut-on se procurer vos créations au-delà de Cotonou ?
Anne Kiazayadioko Actuellement notre site est en construction. Nos créations sont accessibles via nos réseaux sociaux, Nous travaillons également à élargir notre réseau de distribution pour toucher un public plus large, à travers des partenariats avec des concept stores et des plateformes e-commerce.
"Si vous avez "de l'or au bout des doigts", vous pouvez créer votre propre avenir. Avec la passion et la persévérance, il est possible de bâtir quelque chose de grand."
L’Entrevue A combien s'évalue votre capacité de production mensuelle ?
Anne Kiazayadioko Cela varie en fonction des collections, des commandes spécifiques et des périodes de l’année.
L’Entrevue Récemment, en décembre 2024, vous avez participé à l'évènement Rhodes Africa Parade. PArtagez-nous cette expérience.
Anne Kiazayadioko Participer à la Rhodes Africa Parade a été une expérience mémorable et enrichissante. Cet événement nous a permis de mettre en lumière notre savoirfaire, de tisser des liens avec d’autres créateurs et professionnels du secteur. Cela a renforcé notre positionnement en tant que marque africaine contemporaine et ambitieuse.
Nous tenons à exprimer notre profonde gratitude à toute l’équipe de Rhodes pour leur professionnalisme exemplaire. Leur organisation irréprochable a grandement contribué à la réussite de cet événement. Nous sommes également enthousiastes à l’idée de futures collaborations qui, nous en sommes convaincus, ouvriront la voie à de nouvelles opportunités passionnantes pour la mode africaine.
L’Entrevue Il y en a eu d'autres bien avant. Qu'est-ce que le fait de participer à ce genre de rencontre apporte à une marque ?
Anne Kiazayadioko Ces événements sont des plateformes idéales pour observer les tendances, affiner notre vision, renforcer notre réseau professionnel et échanger avec d’autres talents. Ils nous aident également à positionner notre marque sur la scène internationale et à mieux comprendre les attentes des consommateurs.
L’Entrevue Que dire des politiques africaines et de l'industrie textile européenne & asiatique qui vous font face ?
Anne Kiazayadioko Nous ne voyons pas cela comme une concurrence directe. Chaque acteur évolue avec sa propre identité, ses valeurs et son marché. Notre force réside dans notre authenticité africaine, nos créations uniques et notre engagement pour une mode durable. Chacun a sa place dans ce vaste domaine qu’est la mode.
L’Entrevue A Kinshasa, si vous vous rappelez, nous avons une école qui forme des professionnels tels que vous : l'ISAM. Mais les diplômés de cette école semblent, le plus souvent, finir au chômage, à la reconversion dans un tout autre domaine professionnel ou être relégués à de simples exécutants dans des ateliers de couture de quartier.
Anne Kiazayadioko Personnellement je n’ai pas suivi une formation en stylisme ; étant contrôleur de gestion de formation.
La couture est avant tout une passion. À ces jeunes, je dirais : vous avez un immense potentiel. Si vous avez « de l’or au bout des doigts », vous pouvez créer votre propre avenir. Avec la passion et la persévérance, il est possible de bâtir quelque chose de grand. Ne renoncez jamais à vos rêves, car ce sont eux qui nourrissent votre ambition.
L’Entrevue D'un oeil extérieur, le climat des affaires en RDC vous pousse-t-il à envisager d'ouvrir des filiales au pays ?
Anne Kiazayadioko Oui, la RDC est un pays plein de talents et de ressources inexploitées. Je suis de plus en plus tentée d’y établir une filiale pour non seulement valoriser les compétences locales, mais aussi contribuer au développement du secteur de la mode.
L’Entrevue Participez-vous aussi à des formations de renforcement des capacités ?
Anne Kiazayadioko Oui, nous sommes en plein processus.
Ces formations visent à renforcer nos compétences techniques et managériales pour mieux répondre aux attentes de notre clientèle.
L’Entrevue Quelles sont vos ambitions pour les cinq prochaines années ?
Anne Kiazayadioko Nous aspirons à figurer dans le top 10 des marques de mode émergentes sur le continent africain. Les prochaines années seront riches en défis, mais également en couleurs, en créativité et en collaborations. Nous prévoyons de lancer de nouveaux projets ambitieux, d’étendre notre présence internationale et de continuer à bâtir une communauté fidèle et engagée autour de Kiaz Afrika.










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