Créer un environnement propice à l'autonomisation agricole en RDC
- 5 juin
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Bosco Bashangwa Mpozi est un enseignant-chercheur et un praticien du développement rural dont les travaux se situent au croisement de l’agroéconomie, de la sécurité alimentaire, de la durabilité et de l’analyse des moyens d’existence. Son regard relie les chiffres aux réalités du terrain, les politiques aux pratiques paysannes, et la recherche aux choix concrets des communautés rurales. À travers ses travaux, il met en lumière une conviction forte : l’agriculture congolaise ne sortira pas de la fragilité par des injonctions venues d’en haut, mais par des systèmes capables de sécuriser, d’organiser et de valoriser le travail des producteurs.
Ses recherches sur l’accès à la terre, la rareté foncière, les stratégies d’adaptation des ménages agricoles et l’introduction de cultures à haute valeur montrent une lecture fine des transformations en cours dans les milieux ruraux d’Afrique centrale. Le Professeur Bashangwa s’intéresse particulièrement aux conditions qui permettent au producteur local de passer d’une agriculture de survie à une agriculture créatrice de valeur. Son approche est à la fois scientifique et opérationnelle : elle ne se contente pas d’identifier les blocages, elle propose des leviers d’action autour de la terre, du financement, de la formation, de la transformation et de la gouvernance.
Dans cette entrevue, son propos prend une dimension très actuelle : comment sortir d’un modèle agricole où le paysan travaille beaucoup mais gagne peu, pour aller vers un modèle où l’exploitation nourrit, rémunère et valorise. Sa lecture est utile parce qu’elle parle à la fois aux décideurs, aux chercheurs, aux organisations paysannes et aux jeunes ainsi que les femmes qui cherchent une place dans l’économie rurale. C’est une voix de terrain, mais aussi une voix de méthode, qui rappelle qu’il n’y a pas de transformation durable sans cohérence entre la terre, le marché et la dignité du travail agricole.

La Rédaction Professeur, comment définissez-vous l'autonomisation agricole dans le contexte congolais ? S'agit-il selon vous d'un défi de souveraineté alimentaire, de rentabilité économique, ou d'une mutation profonde du statut social du paysan ?
Prof. Bosco Bashangwa Dans le contexte congolais, l’autonomisation agricole ne peut pas être réduite à une seule dimension. Elle est à la fois un enjeu de souveraineté alimentaire, un problème de rentabilité économique et une transformation profonde du statut social du paysan. La souveraineté reste une référence importante, mais elle ne prend sens que si la production locale nourrit réellement les ménages, crée des revenus et réduit la dépendance aux importations. Autrement dit, produire davantage ne suffit pas : il faut aussi produire mieux, vendre mieux et décider mieux.
L’autonomisation, c’est donc la capacité pour un agriculteur ou une agricultrice de maîtriser durablement sa terre, ses moyens de production, ses revenus et ses débouchés. Tant que le producteur ne contrôle ni le prix, ni la qualité, ni l’accès au marché, il reste pris dans une économie de survie. À l’inverse, lorsqu’il peut planifier, investir, stocker, transformer et négocier, il devient un acteur économique à part entière. C’est là que l’agriculture cesse d’être un dernier recours pour devenir une activité d’avenir.
Cette lecture impose aussi un changement de regard sur le paysan. L’objectif n’est pas seulement de rendre l’agriculteur plus productif, mais de le reconnaître comme entrepreneur territorial, gardien de ressources et créateur de richesse. L’autonomisation agricole devient réelle quand elle réunit trois effets : nourrir le pays, rémunérer le paysan et élever la dignité du travail agricole. Sans cette triple cohérence, on parle encore de survie ; avec l’autonomisation, on entre dans une logique de transformation nationale.
Dans la pratique, cette autonomisation appelle des choix très concrets : sécuriser l’accès à la terre, faciliter l’investissement, améliorer la commercialisation, développer la transformation locale et faire reculer la dépendance aux importations. Elle suppose aussi un cadre politique qui protège les producteurs contre les ventes à perte, la spéculation, l’isolement et l’arbitraire. En ce sens, l’autonomisation n’est pas un slogan agricole ; c’est une architecture de pouvoir, de revenu et de reconnaissance sociale.
À mes yeux, la clé est de penser l’autonomisation comme une chaîne complète : sécuriser, former, financer, connecter, transformer et protéger. Sécuriser la terre et les droits d’usage ; former les producteurs à la gestion et à la valeur ajoutée ; financer les activités avec des instruments adaptés ; connecter les producteurs aux marchés et aux institutions ; transformer la matière première localement pour garder la valeur ; enfin protéger les ménages contre les risques qui détruisent leurs gains. C’est ce passage d’un paysan exposé à un paysan capable d’agir qui change réellement la donne. C’est pourquoi je considère que l’autonomisation agricole doit être considérée comme un outil de transformation sociale.
"L'incertitude tue l'investissement."
La Rédaction Vos recherches mettent souvent en lumière la pression foncière et les conflits d'usage. Au-delà du manque de financement, quels sont les freins structurels et socioculturels qui empêchent encore le producteur local de s'émanciper ?
Prof. Bosco Bashangwa Au-delà du manque de financement, les blocages sont d’abord structurels. La terre reste un nœud central. Dans beaucoup d’espaces ruraux, l’insécurité foncière, les locations précaires, la fragmentation des parcelles et les conflits d’usage empêchent toute projection à long terme. Un producteur qui ne sait pas s’il gardera sa parcelle hésite à planter des cultures pérennes, à améliorer ses sols ou à investir dans des équipements durables. L’incertitude tue l’investissement.
À ces tensions s’ajoutent l’enclavement, le mauvais état des routes, l’absence de stockage, la faiblesse des services de vulgarisation et la distance entre le champ et le marché. Résultat : le producteur vend vite, souvent sous pression, et laisse une grande partie de la valeur aux intermédiaires. L’agriculture locale ne manque pas forcément de travail ; elle manque de connexions, d’appui et de sécurité économique. La faiblesse des coopératives et la rareté des données de marché aggravent encore cette vulnérabilité.
Les freins socioculturels sont tout aussi puissants. Dans plusieurs communautés, l’agriculture est encore associée à la fatigue, au manque de prestige et à l’absence de réussite sociale. Les jeunes s’en détournent, les familles hésitent à l’encourager, et les femmes y participent sans toujours disposer de droits clairs. Tant que le métier d’agriculteur ne sera pas valorisé comme une profession noble, moderne et rentable, l’émancipation restera partielle. Il faut donc agir sur les mentalités, la formation et les modèles de réussite visibles.
"L'émancipation du producteur local passe donc par des droits clairs, des services crédibles, mais aussi par une revalorisation culturelle du rural et du travail de la terre."
Il faut aussi évoquer la faiblesse institutionnelle : règles foncières floues, administrations peu coordonnées, coûts cachés, corruption ordinaire, services techniques intermittents et programmes qui s’arrêtent trop tôt. À cela s’ajoute un manque de transmission entre générations. Lorsque les enfants ne voient pas l’agriculture comme une voie respectable, ils s’en éloignent.
Un autre frein structurel c’est l’absence ou la faible collaboration avec des écoles d’agronomie et/ou des chercheurs. Cette situation entraine une asymétrie d’information. L’agriculteur ne sait pas toujours quoi produire, quand produire, à quel prix vendre, ni comment répondre aux standards de qualité exigés par les acheteurs. Il travaille souvent sans données fiables sur la demande, les tendances des marchés, la saisonnalité ou les coûts de revient. Cette ignorance organisée ou subie maintient l’agriculteur dans une position faible. L’émancipation du producteur local passe donc par des droits clairs, des services crédibles, mais aussi par une revalorisation culturelle du rural et du travail de la terre.
La Rédaction Entre les théories des politiques publiques et les programmes de terrain (comme SHEP ou AVENIR), le fossé semble parfois large. Quel regard portez-vous sur l’efficacité réelle de ces dispositifs pour le monde rural ?
"Je peux dire qu'au-delà de financer des projets pré-conçus, on devrait : investir dans la formation politique des leaders communautaires..."
Prof. Bosco Bashangwa Les programmes de terrain ont le mérite d’exister, mais leur efficacité dépend de leur profondeur réelle. Des dispositifs comme SHEP ou AVENIR montrent qu’une autre manière d’accompagner le monde rural est possible : plus participative, plus attentive au marché et plus proche des capacités locales. Leur force est de sortir d’une logique purement distributive pour pousser les producteurs à observer la demande, planifier la production et organiser la commercialisation. Lorsqu’un projet change les comportements, il crée un effet durable.
Le problème, c’est que beaucoup de programmes restent fragiles après le retrait des financements. Ils touchent des groupes pilotes, produisent des résultats visibles à court terme, mais peinent à changer d’échelle. Ils créent des îlots de performance dans un océan de fragilité. Trop souvent, ils se limitent à des intrants, à des formations ponctuelles ou à des infrastructures sans gouvernance solide. Or, un programme utile est celui qui modifie les marges, les compétences, l’autonomie décisionnelle et l’organisation collective des producteurs.
Le monde rural n’attend pas une multiplication des annonces, mais une cohérence d’action. Les politiques publiques doivent sécuriser le foncier, améliorer les routes, renforcer les services techniques, garantir une information fiable et soutenir les organisations paysannes. Les programmes de terrain deviennent réellement utiles lorsqu’ils sont appropriés localement, prolongés dans le temps et reliés aux institutions. La leçon est claire : un bon projet ne se mesure pas à ce qu’il distribue, mais à ce qu’il laisse derrière lui en capacités, en revenus et en dignité.
Autrement dit, la vraie question n’est pas seulement « le programme a-t-il été exécuté ? », mais « a-t-il transformé les rapports de production ? ». Un dispositif crédible devrait être jugé sur sa capacité à augmenter le revenu, réduire les pertes, améliorer la planification, renforcer l’organisation paysanne et laisser une autonomie après le retrait du bailleur. Sans cet ancrage, il reste une parenthèse utile, mais une parenthèse malgré tout.
Il faut dire que les principales contraintes au développement agricole ne sont pas d'ordre technique ou financier, mais relèvent des rapports de pouvoir inégalitaires entre les communautés de base et les autorités locales. Il faut dire qu’un soutien financier peut être nécessaire, mais il doit être subordonné au renforcement des capacités politiques et organisationnelles locales tout en considérant les populations comme des acteurs de leur propre destiné capable de se prendre en charge. Je peux dire qu’au de financer des projets pré-conçus, on devrait : investir dans la formation politique des leaders communautaires, investir dans la formation technique et professionnelle dans les milieux ruraux, faciliter les espaces de dialogue entre populations et autorités plutôt que de se substituer à cette relation par des interventions directes, créer de cadre d’échanges et d’innovations multi-acteurs, etc.
La Rédaction L’accès aux intrants et aux circuits de distribution reste le "talon d'Achille" de notre agriculture. Quels leviers concrets proposez-vous pour désenclaver les zones de production et connecter efficacement la science au marché ?
"Chaque bassin de production a ses contraintes, ses produits dominants et ses opportunités propres."
Prof. Bosco Bashangwa Le désenclavement commence par l’organisation des circuits d’approvisionnement et de distribution. Un producteur peut bien semer et récolter ; si les intrants arrivent tard, si le stockage est absent et si le transport coûte trop cher, la marge disparaît. Il faut donc des points de vente d’intrants de proximité, des routes de desserte agricole, des centres de collecte, des greniers, des unités de conservation et des services logistiques adaptés aux bassins de production. Désenclaver, c’est rendre le trajet entre le champ et le marché plus court, plus sûr et moins coûteux. Le deuxième levier est l’organisation collective. Un exploitant isolé négocie peu ; un groupe structuré peut acheter mieux, stocker ensemble, transformer une partie de la récolte et accéder plus facilement au financement. Les coopératives et organisations paysannes doivent devenir de véritables plateformes de services, pas seulement des structures de représentation. Elles doivent relier les producteurs aux acheteurs, aux transporteurs, aux transformateurs et aux institutions techniques. C’est ainsi que la chaîne de valeur devient plus lisible et plus rentable.
Le troisième levier consiste à relier réellement la science au marché. Les laboratoires vivants, la recherche participative et les partenariats avec les producteurs permettent de co-développer des solutions utiles : variétés adaptées, itinéraires techniques rentables, innovations post-récolte, qualité, traçabilité et transformation locale. La science devient puissante lorsqu’elle aide à réduire les pertes, à mieux vendre et à augmenter la valeur ajoutée. Le numérique peut également jouer un rôle majeur, à travers l’information sur les prix, l’alerte sanitaire et la coordination des acteurs. Le champ, le laboratoire et le marché doivent enfin parler le même langage. Il faut enfin penser le désenclavement à l’échelle du territoire. Chaque bassin de production a ses contraintes, ses produits dominants et ses opportunités propres. On ne relie pas de la même manière un bassin de maraîchage, une zone de manioc ou un territoire caféicole. Une approche territoriale permet de prioriser les routes, les entrepôts, la conservation, la transformation et les services de conseil en fonction des réalités locales. C’est cette précision qui transforme une bonne idée en changement concret.
Désenclaver, c’est rendre l’information disponible, fiable et utile. Cela rassure les acheteurs, protège les producteurs et professionnalise les échanges. Je plaide aussi pour une approche territoriale. Il faut dire qu’on ne désenclave pas le manioc, le maïs, le riz, le café ou le maraîchage de la même manière. Il faut des solutions adaptées aux bassins de production, avec des infrastructures, des services et des marchés pensés à l’échelle du territoire. En résumé, désenclaver la production et connecter la science au marché signifie construire des passerelles entre le champ, le laboratoire, la route, l’entrepôt et l’acheteur. Tant que ces passerelles ne sont pas solides, l’agriculture reste un effort isolé. Lorsqu’elles fonctionnent, elle devient un système productif capable de créer de la valeur, des emplois et des opportunités durables.
La Rédaction Comment réformer l’enseignement agronomique et le rôle des centres de recherche pour que les jeunes ruraux deviennent de véritables entrepreneurs agricoles plutôt que des diplômés en quête de bureau ?
"Les curricula doivent intégrer la gestion, la comptabilité simplifiée, l'analyse de marché, la transformation, la qualité, la nutrition, le climat et le numérique."
Prof. Bosco Bashangwa Réformer l’enseignement agronomique, c’est d’abord rompre avec une formation trop théorique et trop éloignée de la réalité économique. Beaucoup de jeunes sortent des écoles avec des connaissances académiques, mais sans savoir calculer une marge, gérer un cycle de production, élaborer un plan d’affaires ou négocier sur un marché. L’enseignement doit donc passer de la simple transmission des savoirs à la maîtrise des compétences entrepreneuriales. Un agronome doit savoir produire, mais aussi piloter une chaîne de valeur. Les curricula doivent intégrer la gestion, la comptabilité simplifiée, l’analyse de marché, la transformation, la qualité, la nutrition, le climat et le numérique. La pédagogie doit aussi changer : plus de fermes pédagogiques, plus de stages, plus de travaux de terrain, plus d’incubateurs, plus de projets concrets. Les jeunes apprennent mieux lorsqu’ils testent, observent, corrigent et recommencent dans des conditions proches du réel. C’est cette immersion qui transforme un diplômé en entrepreneur capable d’agir. Sur ce, je peux parler de la formation en alternance dans le domaine de l’agriculture : mélanger la théorie avec la pratique, dans ce programme c’est plus de pratique au moins 70% et 30% de théorie. En plus de ça, il faut former des techniciens supérieurs dans le domaine agricole car on observe un vide à ce niveau, en RDC on n’a pas des techniciens supérieurs spécialisés (exemple en pédologie, protection des cultures, transformation, etc.). Il est très capital de sortir des généralités et d’aller vers les spécialités.
Les centres de recherche doivent, eux aussi, évoluer. Leur rôle ne peut plus se limiter à produire des articles ; ils doivent générer des solutions mobilisables, testées avec les producteurs et validées en conditions réelles. La recherche doit redevenir un pont entre problème local et réponse concrète. Sur la recherche action en partenariat est la plus approprié car tous les acteurs sont considérés comme de co-producteurs de connaissance. Pour les jeunes ruraux, il faut des trajectoires claires : mentorat, certification pratique, appui à l’installation, accès à la terre et accompagnement à l’agripreneuriat. Un jeune ne cherche pas seulement un diplôme ; il cherche une voie de vie. Cette réforme doit aussi rapprocher universités, centres de recherche, organisations paysannes et entreprises privées. Les écoles ne devraient pas former uniquement pour l’emploi salarié, mais pour la création d’activités. Cela demande des espaces d’expérimentation, des mini-incubateurs, des partenariats avec des exploitations réelles et des évaluations basées sur les résultats économiques obtenus par les jeunes. Former pour l’agriculture de demain, c’est former pour décider, entreprendre et durer.
La Rédaction Quelle est votre vision d'un écosystème agricole propice à l'horizon 2030, et comment les grandes agro-industries peuvent-elles collaborer avec le monde académique pour réussir ce pari ?
Prof. Bosco Bashangwa À l’horizon 2030, l’écosystème agricole congolais doit devenir plus intégré, plus jeune, plus diversifié et plus rentable. Il doit reposer sur une meilleure sécurité foncière, un meilleur accès à l’eau, aux intrants, à la finance et à l’information, ainsi que sur des routes rurales fonctionnelles et une transformation locale plus dynamique. L’objectif n’est pas seulement d’augmenter la production, mais de faire circuler davantage de valeur sur le territoire, depuis la parcelle jusqu’au marché final. Les grandes agro-industries ont un rôle décisif à jouer, à condition de ne pas rester dans une logique strictement transactionnelle. Elles doivent contribuer à structurer les filières, sécuriser les débouchés, investir dans la logistique, soutenir l’irrigation et partager une partie de la valeur créée avec les zones de production. Elles peuvent aussi aider à stabiliser les marchés en proposant des contrats plus équitables et des standards de qualité plus transparents. Une agro-industrie qui se développe sans territoire fort finit toujours par fragiliser sa propre base. La collaboration avec le monde académique est essentielle pour réussir ce pari. Les universités et instituts de recherche apportent le diagnostic, l’expérimentation, la formation et l’innovation ; les entreprises apportent les problèmes réels, les données de marché et les espaces de démonstration. Ensemble, ils peuvent bâtir des chaînes de valeur plus performantes et plus inclusives. L’agriculture de 2030 doit être productive, oui, mais aussi juste : une agriculture où producteurs, chercheurs, transformateurs, transporteurs et territoires avancent dans la même direction. La clé sera un pacte pratique entre les acteurs. Les agro-industries peuvent cofinancer la logistique, soutenir les infrastructures de base et contractualiser de manière plus transparente avec les producteurs. Les universités, elles, peuvent fournir les diagnostics, les essais variétaux, les solutions de conservation et la formation continue. Si chacun reste dans son couloir, rien ne changera vraiment. Mais si l’on construit des alliances durables autour des filières, la RDC peut faire de 2030 un tournant crédible vers une agriculture plus moderne, plus inclusive et plus souveraine. La mise en place d’un réseau d’acteurs en RDC constitue un cadre qui permet aux acteurs de partager les savoirs y compris ceux des paysans considérés comme étant profanes et les connaissances scientifiques ainsi que ceux d’autres acteurs de la chaine de valeur concernée. La mise en place de plate-forme d’innovation d’acteurs permettrait de renforcer la productivité agricole, les moyens de subsistance des petits agriculteurs et d’améliorer les systèmes alimentaires de la RDC. Les réseaux d’acteurs permettront de contrer les faiblesses existant en établissant des interactions entre différents types d'acteurs, en favorisant le changement dans les institutions et en mobilisant des ressources pour augmenter et/ou déployer efficacement les capitaux disponibles. À l’horizon 2030, l’objectif est une agriculture plus productive, mais aussi plus juste : une agriculture où la valeur circule mieux entre producteurs, transformateurs, transporteurs, chercheurs et territoires.




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