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Sarah Kavund : "Notre demande s'élève à 30.000 cartons à distribuer à Kinshasa, Goma, Kisangani et Bukavu."

  • 5 juil. 2024
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 4 jours

De son esprit créatif, elle a pioché l’idée d’apporter du bon dans le goût du plus grand nombre. Aujourd’hui, ses saveurs satisfont plus d’un dans plusieurs villes congolaises. Native de Goma, capitale de la province du Nord-Kivu, Sarah Kavund, patronne de l’entreprise African Brand, est à l’origine des saveurs Nella. À pied d’oeuvre dans l’expansion des activités de son entreprise à Kinshasa, elle se livre à cœur ouvert à notre plume sur la production, l’acheminement, la conservation et la distribution de ses produits. Prêtez y de l’attention ; cet entretien est bref, mais riche !


Sarah Kavund, Fondatrice d'African Brand
Sarah Kavund, Fondatrice d'African Brand

L’Entrevue Tanganelle, Anannella, Lemonnella. C'est comme ça que l'on dit bonjour chez African Brand ?


Sarah Kavund Oui, c’est bel et bien de cette manière qu’on se salue à African Brand. De base, il faut savoir que Nella désigne le prénom attribué à ma jeune soeur, Emmanuella. De ceci, vous pouvez comprendre la terminologie associée à chacun de nos produits ; notamment Tanganella pour la saveur tangawisi, Anannella pour la saveur ananas, Lemonnella pour la saveur citron.


"En les conservant dans du plastique nos saveurs perdent leurs goûts avec le temps plutôt que dans du verre.”

L’Entrevue Parlerons-nous un jour de Manganella, Banannella et de Pasionnella ?


Sarah Kavund Exactement. J’en profite pour annoncer la sortie de nouvelles saveurs Nella d’ici le mois de septembre 2024.


L’Entrevue Par définition, le jus frais ou naturel est un jus qui n'a pas subi de pasteurisation. C'est un jus pressé en l'état qui se conserve 3 à 5 jours. African Brand se calque-t-elle à cette définition ?


Sarah Kavund Non, non. Nos produits ne sont pas à 100% naturels par souci de répondre à toute la demande et d’éviter la décomposition selon les délais évoqués. Chez nous, nous procédons à la pasteurisation et à la conservation avec des produits qui aident à la mesure du dosage de nos saveurs.


L’Entrevue Parlez-nous du processus de fabrication de vos jus.


Sarah Kavund Je vous donne l’exemple de notre saveur Anannella qui tire ses matières premières de quelques plantations non loin de Goma. Ces matières premières, en l’occurrence l’ananas, sont acheminées vers nos installations où elles sont épluchées, moulues et pressées.


Pour le cas du gingembre, nous les importons de l’Ouganda grâce à notre collaboration avec des fournisseurs cultivateurs qui nous les acheminent à Goma selon la commande effectuée.


Pour le reste, nous gardons notre magie à l’interne.


L’Entrevue Le choix du verre plutôt que le plastique est essentiel pour votre marque ?


Sarah Kavund Ce choix est crucial ! En les conservant dans du plastique, nos saveurs perdent leurs goûts avec le temps plutôt que dans du verre. Or, conservées dans du verre, nos saveurs gardent leurs goûts pendant une année.


De là, nous innovons avec la conservation de nos saveurs dans des canettes en plastique en dur proche du verre et donc différent du plastique générique utilisé communément sur le marché. Ce choix de migration est causé par le souci de posséder nos propres emballages et de satisfaire surtout à la demande croissante. Pour votre information, notre demande s’élève à 30.000 cartons à distribuer à Kinshasa, Goma, Kisangani et Bukavu. Un carton contient vingt-quatre canettes.


"Nous desservons nos produits dans des hôtels basés à Goma dont Serena Hôtel, Uni Congo, Linda Hôtel, ainsi que des restaurants, des mini-alimentations et des particuliers...”

L’Entrevue Avez-vous approché des entités dédiées à la promotion de l'entrepreneuriat ? Telles que l'ANAPEX, le FOGEC ou encore le Projet Transforme.


Sarah Kavund Bien sûr ! Tenez bien ! À ce sujet, je suis d’ailleurs lauréate de la troisième cohorte du Fonds de Garantie de l’Entrepreneuriat au Congo (FOGEC). Pour l’instant, nous ne sommes pas encore servis suite à des complications qui peuvent être décantées bientôt.


Nous avons aussi répondu à l’appel du Projet Transforme et attendons son lancement.


L’Entrevue La sous-traitance est un levier de croissance qui continue de prendre forme en RDC. Fournissez-vous des entreprises ou établissements opérant dans la région ?


Sarah Kavund Nous desservons nos produits dans des hôtels basés à Goma dont Serena Hôtel, Uni Congo, Linda Hôtel ainsi que des restaurants, des mini-alimentations et des particuliers au biais des livraisons à domicile.

Nous pouvons être fiers de notre carnet d’adresses actuel.



L’Entrevue Quel est votre effectif ?


Sarah Kavund Nous comptons seize agents composés à plus de 70% de femmes. Mon personnel regroupe aussi des fille-mères aptes, braves et créatives.


L’Entrevue Engagez-vous des formations pour améliorer les performances et les connaissances de votre équipe ? Vous inclus.


Sarah Kavund Cette formation est assurée mensuellement à notre personnel par des incubateurs, des formateurs spécialisés et moi y compris.


L’Entrevue Quelles sont les difficultés auxquelles vous êtes confrontées ?


Sarah Kavund Nous rencontrons des difficultés dans la production de nos emballages. De manière anticipative, nous percevons les difficultés de transport de nos marchandises lors de l’ouverture de notre extension à Kinshasa, la Capitale. Sur ce point, je dois préciser que des solutions sont en cours.


Nous rencontrons des difficultés de financement et d’accompagnement logistique et technique.


"Nous planifions l'acquisition de nouvelles plantations de matières premières dans la province du Kongo Central.”

L’Entrevue Parlez-nous de votre usine à Kinshasa.


Sarah Kavund Actuellement, en raison de l’insécurité et des sentiments de risques exprimés par les investisseurs dans notre entreprise, la ville de Goma devient hostile à l’entrepreneuriat et en particulier notre activité. Kinshasa nous offre l’opportunité d’exercer notre production avec quiétude et la réunification de nos partenaires.


L’Entrevue Aurez-vous de nouveaux fournisseurs ?


Sarah Kavund Effectivement. Nous planifions l’acquisition des nouvelles plantations de matières premières dans la province du Kongo Central. En plus, l’audience à servir à Kinshasa est énorme ; contrairement à celle de Goma. Car, Kinshasa compte 17 millions d’habitants contre 3 millions pour Goma.


L’Entrevue Dans les médias internationaux, et même locaux, le Kivu, et toute la région, est présenté comme une zone d’« apocalypse now ». Pourtant, au cœur de cette présentation désolante, comment peut-on expliquer, selon vous, la résilience des entrepreneurs kivutiens ?


Sarah Kavund Goma est une ville commerciale. Sur place, les habitants sont intègres et travaillent durement pour leur sortie de crise. En dépit de la guerre, nous restons unis et luttons pour notre bonheur !

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